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Comprendre la douleur : un enjeu fondamental en ostéopathie

  • Photo du rédacteur: julia ghilini
    julia ghilini
  • 20 oct. 2023
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours


Comprendre votre douleur avec l'ostéopathie au Raincy

La douleur est un aspect omniprésent dans le quotidien de l'ostéopathe, acteur clé dans la gestion du bien-être de ses patients. Comprendre la douleur et interpréter cette douleur est essentiel pour répondre aux besoins spécifiques de chaque individu et améliorer sa qualité de vie.


La douleur peut être définie comme une empreinte cérébrale, créée par l’expérience vécue. Comme l’explique le kinésithérapeute G. Lorimer Moseley dans son ouvrage Explain Pain (2003), ce signal survient lorsque le cerveau perçoit un danger pour l’intégrité des tissus et estime qu’une action est nécessaire.

En d’autres termes, la douleur est une alerte du cerveau, déclenchée par une menace potentielle. Ce signal est influencé par de nombreux facteurs – histoire de vie, expériences passées, croyances personnelles – ce qui rend chaque douleur unique.



Comprendre la douleur : Douleur aiguë vs douleur chronique


La douleur peut se manifester sous différentes formes, mais elle est généralement classée en deux grandes catégories : la douleur aiguë et la douleur chronique.


Douleur aiguë : brève et intense, la douleur aiguë dure de quelques minutes à quelques semaines. Elle est souvent liée à un traumatisme, un choc, ou un faux mouvement. Ce type de douleur est déclenché par un circuit nociceptif – un mécanisme de protection du corps – et disparaît généralement une fois la cause éliminée.


Douleur chronique: plus complexe, la douleur chronique persiste au-delà de trois mois. Elle peut être fluctuante, voire survenir sans cause évidente ni lésion identifiable. Elle reflète alors un dérèglement du système de signalisation de la douleur, et non plus une simple réponse à un danger.



Pourquoi la douleur chronique persiste ?


La douleur chronique peut résulter :


  • d’une lésion mal soignée, entraînant une activation répétée des circuits nociceptifs ;

  • d’un stress prolongé, provoquant des contractures musculaires chroniques, pouvant évoluer vers une inflammation persistante.


Dans ces situations, l’organisme sécrète souvent plus de cortisol, une hormone du stress, qui – à long terme – peut affaiblir le système immunitaire et favoriser l’apparition de troubles cardio-vasculaires et musculo-squelettiques.

Ce type de douleur épuise le patient, physiquement et moralement, et peut même générer une peur du mouvement, aggravant la situation. Face à cette complexité, une prise en charge standardisée est inefficace. C’est ici que l’approche ostéopathique prend tout son sens.



Le rôle de l’ostéopathe dans la gestion de la douleur


L’ostéopathe joue un rôle essentiel dans ce processus. La première étape de la consultation consiste à écouter et interroger le patient pour l’aider à verbaliser et contextualiser sa douleur. Où se situe-t-elle ? Est-elle localisée ou diffuse ? A-t-elle une forme, une direction, un rythme ? En répondant à ces questions, le patient commence à cartographier son propre corps, un acte clé dans la gestion de la douleur.


Cette cartographie corporelle est étroitement liée au cerveau. Les recherches du neuroscientifique Michael Merzenich, notamment sur les douleurs fantômes, montrent qu’une représentation cérébrale précise du corps agit comme un antidouleur naturel.


Des pratiques telles que la méditation, la sophrologie ou le yoga renforcent cette conscience corporelle, enrichissant la carte mentale du corps et favorisant une meilleure auto-régulation de la douleur.



La continuité des soins : bouger pour reprogrammer la douleur


Il est important de rappeler que la douleur peut persister ou réapparaître après une séance. Ce phénomène n’est pas un échec du soin, mais un processus de réajustement.


La mobilisation du corps, par l'activité physique adaptée, joue un rôle fondamental. Elle ne sert pas uniquement à "réveiller" les tissus traités, mais à stimuler la plasticité cérébrale – la capacité du cerveau à modifier les circuits de la douleur – et à réapprendre au corps à fonctionner librement.


Le rôle de l’ostéopathe ne se limite donc pas à soulager la douleur : il accompagne le patient dans une démarche active, fondée sur l'écoute, la compréhension et le retour progressif à la mobilité. Il contribue ainsi à restaurer une meilleure conscience corporelle, pilier essentiel d’un bien-être durable.



Bibliographie


  • Battaglia, M. (2021). L’efficacité de la réalité virtuelle dans le traitement des douleurs fantômes chez les amputés

  • Butler, D.S. & Moseley, G.L. (2003 / 2021). Explain Pain

  • Standing, S. & Haines, S. (2018). La douleur, quelle chose étrange



© Julia Ghilini, Ostéopathe

 
 
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