Inflammation et alimentation : un levier supplémentaire
- julia ghilini
- 27 juil. 2023
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours

L’inflammation est une réaction naturelle du système immunitaire visant à protéger l’organisme en cas d’agression ou de lésion. Elle est utile et nécessaire lorsqu’elle est aiguë. En revanche, lorsqu’elle devient chronique, elle peut contribuer à une douleur persistante et augmenter le risque de troubles plus sérieux.
Dans ce contexte, l’alimentation joue un rôle dans la prévention et la gestion de cette inflammation.
Mécanisme de l’inflammation
Lorsqu’un tissu est agressé, l’organisme déclenche une série de réactions : dilatation des vaisseaux sanguins, afflux de globules blancs, et libération de médiateurs chimiques. Ces processus provoquent chaleur, rougeur, gonflement (œdème) et compression des nerfs, ce qui engendre la douleur.
Habituellement transitoire, cette inflammation se résorbe après la réparation des tissus. Mais si la guérison est incomplète, elle peut devenir chronique, augmentant les risques de fibrose ou de dégradation fonctionnelle, en particulier chez les personnes souffrant d’obésité, de diabète, ou de maladies auto-immunes.
Le tissu adipeux et l’inflammation : un lien à connaître
Les adipocytes (cellules de stockage des graisses) sont des cellules actives sur le plan métabolique et peuvent produire des médiateurs inflammatoires. En cas de surpoids ou d’alimentation déséquilibrée, une augmentation du tissu adipeux peut contribuer à une inflammation de bas grade.
Cette inflammation diffuse peut être associée à :
des douleurs articulaires et musculaires,
des déséquilibres métaboliques (résistance à l’insuline, diabète de type 2),
une hypertension artérielle.
Le manque d’activité physique peut renforcer ce phénomène. Selon l’Insee (février 2023), environ un Français sur deux est en surpoids ou obèse, et la prévalence de l’obésité a doublé en 23 ans (de 8,5 % en 1997 à 17 % en 2020).
Microbiote et inconfort digestif : entre science et prudence
Plutôt que de chercher un microbiote "idéal", notion qui n’est pas encore clairement définie scientifiquement, l’approche la plus raisonnable consiste à favoriser une alimentation variée et riche en fibres, associée à une activité physique régulière. Si un aliment provoque des symptômes, des évictions temporaires, adaptées et encadrées, peuvent être envisagées.
Ces habitudes contribuent à soutenir une diversité microbienne, généralement associée à une meilleure santé digestive.
Les recommandations diététiques actuelles
Un régime alimentaire déséquilibré (riche en aliments ultra-transformés, sucres rapides, graisses saturées et glucides raffinés) est associé à une inflammation de bas grade, souvent silencieuse mais délétère à long terme.
Pour limiter l'inflammation, il est recommandé de :
Limiter les aliments ultra-transformés (plats préparés, snacks, sodas, etc.)
Réduire les sucres simples
Augmenter l’apport en fibres : trois portions de légumes (env. 100 g chacun) et deux portions de fruits par jour quand on est en bonne santé (MICI et diabète, encadrement médical de cette recommandation)
Favoriser les bonnes graisses (oméga-3, 6 et 9) : poissons gras, huiles végétales, oléagineux et soja
Privilégier les céréales complètes, légumineuses et farines variées (riz complet, avoine, sarrasin, quinoa…)
Respecter les recommandations de l’ANSES en matière d’équilibre protéines animales/végétales (recommandation pour ceux qui mangent encore de la viande)
Ces choix alimentaires, intégrés progressivement et sans contrainte, peuvent contribuer à réduire l’inflammation chronique tout en respectant vos préférences et convictions.
“Régimes” et dérives alimentaires, attention à être sûr.e de votre information en ligne
Les régimes trop restrictifs peuvent déséquilibrer votre alimentation, augmenter le stress, et parfois aggraver les symptômes digestifs ou la douleur.
Les dérives fréquentes :
éliminer trop d’aliments sans raison médicale
suivre des conseils non personnalisés
croire qu’un régime “magique” suffit à tout guérir
Ce qui est plus sûr :
une alimentation variée et équilibrée
une progression douce, respectueuse de vos besoins
un accompagnement professionnel si besoin (diététicien·ne, nutritionniste, médecin)
L’alimentation est un levier supplémentaire pour soutenir la santé, réduire certains facteurs de risque et améliorer le confort. Associée à une activité physique adaptée et à une hygiène de vie globale, elle peut participer à une meilleure gestion de l’inflammation et de la douleur.
Compléments alimentaires : utiles ou inutiles ?
Les compléments alimentaires sont très présents dans notre société, notamment pour améliorer la santé, réduire l’inflammation ou soutenir le bien-être. Cependant, ils ne remplacent pas une alimentation variée et ne sont pas toujours nécessaires.
Quand un complément peut être utile
Un complément peut être pertinent si :
une carence est avérée (par une prise de sang ou un avis médical),
un besoin spécifique est identifié (grossesse, carence en fer, carence en vitamine D, en vitamine B9 etc.),
l’alimentation ne permet pas de couvrir certains besoins (par exemple en cas de régime végétalien strict).
Dans ces situations, le complément doit être adapté à la personne, dosé correctement, et suivi par un professionnel de santé.
Quand un complément est souvent inutile voire risqué
lorsqu’il est pris “au cas où” sans bilan,
lorsqu'on ne connait pas ses excipients
lorsqu’il promet des résultats rapides ou “miracles”,
lorsqu’il est consommé en grande quantité ou de façon prolongée sans suivi.
Certains compléments peuvent interagir avec des médicaments, aggraver des symptômes digestifs ou créer des déséquilibres.
Ce qu’il faut retenir
Les compléments peuvent être un levier utile, mais ils doivent rester un outil secondaire, encadré et individualisé. Avant d’en prendre, il est toujours préférable de vérifier les besoins réels avec un professionnel (médecin, sage-femme, diététicien·ne etc.).
L’alimentation est un levier supplémentaire pour soutenir la santé, réduire certains facteurs de risque et améliorer le confort.
Associée à une activité physique adaptée et à une hygiène de vie globale, elle peut participer à une meilleure gestion de l’inflammation et de la douleur.
Attention aux dérives en ligne, qui, comme dans mon métier, peuvent proposer des conseils trop personnels ou non fondés. Les recommandations actuelles peuvent paraître basiques, mais elles restent les plus sûres et les plus durables.
Bibliographie :
© Julia Ghilini, Ostéopathe


